Affichage des articles dont le libellé est Europe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Europe. Afficher tous les articles

mercredi 7 janvier 2009

Conflit russo-ukrainien : L’Europe privée de gaz !


La Russie a fermé mardi 6 janvier les vannes de ses gazoducs passant par l’Ukraine en raison d’un conflit tarifaire avec Kiev. La pénurie de gaz menace plusieurs pays d’Europe.
Nouvel épisode dans le conflit qui oppose Kiev au géant du gaz russe Gazprom, la Russie a réduit drastiquement mardi 6 janvier, ses livraisons de gaz transitant par le territoire ukrainien. Résultat : l’Autriche a vu son approvisionnement en gaz russe réduit de 90 %, la Roumanie de 75 % la République tchèque et la Slovaquie de 70 %, et la Bosnie de 25 %. L’Allemagne et la Hongrie ont également annoncé avoir subi des baisses sensibles. Les livraisons vers la Croatie, la Bulgarie, la Grèce, la Macédoine et la Turquie étaient quant à elles totalement interrompues. Selon le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, la situation n’aurait toutefois "aucun impact sur les approvisionnements" français.

Des coupures " inacceptables" pour la présidence de l’UE

Cette crise résulte d’un différend sur la hausse des prix du gaz. Gazprom, qui a récemment annoncé une hausse de ses tarifs à 418 $ (310 €) les 1000 m3 pour 2009 contre 179,50 $ (133 €) l’an dernier, est confronté au refus de l’Ukraine de payer plus de 235 $ (174 €). L’embargo russe intervient dans un contexte de tensions provoquées par la volonté d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, à laquelle la Russie est farouchement opposée. La présidence Tchèque de l’UE a quant à elle qualifié de "complètement inacceptables" les coupures opérées par Gazprom, demandant la reprise immédiate des livraisons. Une rencontre entre Oleg Doubina, PDG de la compagnie ukrainienne Naftogaz et le dirigeant de Gazprom Alexeï Miller doit se tenir le 8 janvier prochain à Moscou en vue d’aboutir à un accord pour débloquer la situation.
Lu sur http://www.developpementdurablelejournal.fr/spip.php?article3866

mardi 21 octobre 2008

Paquet climat : Vent de renoncement sur l’Europe


Le Plan européen pour le climat proposé par la Commission européenne et accepté par les 27 chefs d’Etat de l’Union a du plomb dans l’aile. Hier à Luxembourg, s’est ouvert le conseil des ministres de l’environnement qui laisse éclater ouvertement les divergences.
"Le paquet tel qu’il est ne nous convient pas. Il est insupportable. Il a besoin de changements profonds. Nous espérons que maintenant une vraie négociation va s’ouvrir". Hier à Luxembourg s’est ouvert le Conseil européen des ministres de l’environnement devant examiner le Plan européen contre le réchauffement. Stefania Prestigiacomo, la ministre italienne, a immédiatement donné le ton d’un débat que chacun pressentait difficile. Si chacun des 27 états membres de l’UE s’est engagé à parvenir à un accord avant la fin de la présidence française qui s’achève le 31 décembre (engagement renouvelé la semaine dernière), force est de constater qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.
Le plan climat proposé par la Commission, prévoit de parvenir en 2020 à l’application de la règle du « triple 20 ». Cette dernière prévoit à cette échéance une réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau des émissions constaté en 1990, d’atteindre 20% d’énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergies en Europe, les ENR en représentant 8,5%actuellement et, améliorer de 20% l’efficacité énergétique. En début d’année, la Commission européenne avait proposé un échéancier présentant pour chacun des 27 une progression pour atteindre les objectifs dans les 12 ans. C’est tout l’enjeu des discussions engagées hier.

La bataille des quotas

Les quotas de rejets de CO2 préconisés pour chacun des pays européens est à l’origine des divergences qui éclatent sans fard aujourd’hui. La fixation de quotas notamment pour les émissions d’origine industrielle, permet aux industriels européens de vendre ou d’acheter des droits à polluer. La commission prévoit de diminuer progressivement ces quotas et, à terme, de mettre en place un système de vente aux enchères.
Parmi les Etats opposés à ces mesures figure donc l’Italie, mais elle n’est pas la seule. Les transalpins bénéficient du soutien de pays récemment rentrés dans l’Union, telle la Pologne. Ces pays estiment notamment que les enchères auraient un coût bien trop élevé pour assurer la viabilité de leurs activités industrielles. L’Allemagne a également exprimé des réticences, y voyant pour sa part un risque de délocalisation des activités industrielles en dehors de l’Union, afin d’éviter l’assujettissement aux quotas.

Les crainte de l’ONU avant Poznan

Ces divergences se cristallisent alors que se tiendra début décembre à Poznan (Pologne), la Conférence climat de l’ONU censée préparer l’après Kyoto. Nicolas Sarkozy caressait l’espoir que l’UE puisse s’y exprimer d’une voix unique et se montrer exemplaire. Il a besoin pour cela de parvenir à un accord avant l’échéance polonaise. D’évidence aujourd’hui, pour y parvenir, les pays les plus favorables au Plan climat devront mettre de l’eau dans leur vin. Hier, Yvo De Boer,le représentant des Nations unies a exprimé ses craintes de voir les Européens renoncer à donner l’exemple. De son côté, Stavros Dimas, le commissaire européen en charge de l’environnement s’est dit prêt "à accéder aux demandes des Etats membres, mais sans porter un coup fatal aux éléments du système qui le rendent efficace, ni aux objectifs environnementaux. C’est la ligne rouge ». On saura peut-être ce soir comment les 27 pourront se sortir de ces contradictions.

Photo : Stefania Prestigiacomo, la ministre italienne de l’environnement, a sonné hier la charge contre le Plan européen pour le climat.©DR

Lu sur http://www.developpementdurablelejournal.fr/spip.php?article3478