mardi 26 août 2008

Chaque personne jette une à deux livres de nourriture…par jour


« Finis ton assiette, pleins d’enfants en Afrique n’ont rien à manger ! »
Cette phrase si souvent répétée par nos mères ne semble pas avoir l’impact souhaité. En effet, la quantité de nourriture jetée quotidiennement aux États-Unis équivaut à environ 55 kilos par mois pour une famille de quatre, ou une livre par jour. C’est ce que rapporte un article récent du New York Times, qui souligne toutefois que ces données datent de 1995. Le gouvernement fédéral travaille actuellement sur une mise à jour, et il est difficile de savoir si cette tendance s’est aggravée ou atténuée depuis. Ces données sont toutefois corroborées par Marlène Hutchinson, qui dans son livre « Vos déchets et vous » (Éditions Multimondes), rapporte qu’une famille de quatre produit 715 kilos de matières putrescibles par année, ou 1,07 livres par personne par jour. Une autre étude réalisée par le FAO de l'ONU avance même que 50 % de la nourriture est jetée avant d'être consommée. Puisque 98 % des ces « déchets » se retrouvent enfouis ou incinérés, plutôt que compostés, les implications de ce gaspillage ne s’en trouvent qu’amplifiées. L’envoi massif de cette nourriture par les consommateurs, les restaurants et les supermarchés à l’enfouissement génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES), en plus des problèmes de lixiviat et d’odeurs, notamment. Au Québec, de plus en plus de municipalités ont commencé à intégrer les matières organiques dans leur système de collecte. Montréal et Québec devraient bientôt emboîter le pas. Si le compostage systématique des déchets organiques diminue les effets néfastes découlant de leur gaspillage, une action concertée, du côté des producteurs et des consommateurs, sera nécessaire afin de diminuer la quantité de « déchets » générée, plutôt que de seulement tenter de la gérer. Pour aller plus loin : http://www.nytimes.com/2008/05/18/weekinreview/18martin.html The New York Times multim.com « Vos déchets et vous: un guide pour comprendre et agir » http://www.ens-newswire.com/ens/aug2008/2008-08-22-01.asp ENS: Half of All Food Produced Worldwide is Wasted.

lundi 25 août 2008

ISR, micro-finance, nouvelle philanthropie : 3 concepts proches


Alors que l’on voit apparaître une vague soudaine de mobilisation du secteur financier autour des grandes causes sociales et humanitaires, que cela soit en matière de lutte contre la pauvreté avec la micro-finance, de lutte contre le dérèglement climatique avec l’investissement dans les énergies propres, ou encore de façon plus générale le nouvel élan philanthropique, il devient nécessaire d’adopter une terminologie commune en ce qui concerne d’un côté les besoins exprimés par certains investisseurs et de l’autre, l’offre bancaire proposée.

Les dix dernières années ont été marquées par le développement de trois phénomènes que sont la montée en puissance des fonds dits socialement responsables, l’entrée en jeu de la micro-finance, la nouvelle tendance de la philanthropie. Nous reviendrons sur ces 2 derniers points dans nos 2 prochains articles.


La démarche philanthropique comme principe de base.

Il est intéressant de noter que ces trois thématiques ont un point commun: la prise de conscience d’un besoin de plus grande équité pour garantir un futur durable. Le plan d’action pour "sauver la planète" est décliné de différentes manière au niveau de l’offre produits. Historiquement (déjà dans les années 1920), ce fut l’avènement de l’ISR, qui procède par ajout de filtres "éthiques", dans le processus de sélection de valeurs.

Puis est apparu la micro-finance, forte d’un taux de solvabilité supérieur au système de crédit classique.

Dernier en date, l’ampleur du mouvement philanthropique à travers le monde, motivé par plusieurs raisons: la pression extérieure, suite à un enrichissement rapide et parfois au-delà de toute attente pour certains ; la conviction personnelle (et souvent religieuse) qu’il faut redistribuer une partie de ce que la société nous a donné, chez d’autres.

Aujourd’hui, ces trois thématiques sont exploitées de façon peu coordonnée au sein des banques, alors qu’il y a de fortes chances qu’un client séduit par l’un de ces services soit également intéressé par les autres. Il est probablement réaliste d’affirmer qu’en banque privée, presque chaque client est un philanthrope qui s’ignore. Qui n’a pas donné au moins une fois dans sa vie de l’argent, voire un peu de son temps à une organisation œuvrant dans le domaine social, culturel, humanitaire ou encore écologique?


Le principe d’internalisation des coûts externes.

Au risque de choquer une partie de la communauté financière, il ne serait pas incorrect de dire que l’ISR – dans sa définition la plus pure – tombe dans la même logique. Qui dit socialement responsable, signifie prise en considération des intérêts de la communauté, et non plus du seul intérêt de l’actionnaire. Cela sous-entend donc la prise en charge probable de coûts supplémentaires (ce que l’on appelle en économie l’internalisation des coûts externes), qui vont peser sur la rentabilité finale de l’entreprise. Sa performance sera donc moindre que celle de ses concurrents, ce qui risque de peser à son tour sur son cours de bourse, au moins à court terme, sauf à ce que l’actionnaire accepte un ROI(2) moindre. Ne peut-on pas parler d’une certaine forme de philanthropie à partir du moment où l’investisseur est prêt à accepter un manque à gagner, en échange d’une amélioration sociale, environnementale et donc in fine des conditions de vie d’une population?

Le même principe vaut pour un investissement dans les énergies renouvelables et les technologies propres. Accepter le principe d’une rentabilité incertaine au nom de la préservation de l’environnement ne relève-t-il pas d’une démarche philanthropique? Refuser le principe d’un éventuel manque à gagner remet en question le véritable engagement socialement responsable de l’investisseur. Le principal écueil qui menace aujourd’hui l’ISR est la tentation de soutenir la comparaison sur le terrain de la performance financière, avec les investissements dits classiques. Car cela conduit indubitablement à assouplir les filtres "éthiques" pour y élargir le spectre des valeurs éligibles et obtenir une performance plus régulière. Il en résulte alors une perte d’identité originelle de l’ISR, au profit d’une dilution progressive avec l’investissement classique. Pour preuve, plus ou moins 90% des 500 premières valeurs mondiales sont aujourd’hui estampillées ISR. Dans ces conditions, y-a-t’il encore un sens à une distinction avec le reste du marché?

Les photos environnementales de l'année






Si une image vaut 1000 mots, certaines de ces superbes photos en valent encore davantage.
La Chartered Institution of Water and Environmental Management, au Royaume-Uni, a dévoilé les quinze photographes "environnementaux" retenus pour la cuvée 2008. Plus de 1400 photos ont été soumises dans le cadre de ce concours, et c'est la photo d'Abhijit Nandi ci-haut qui a été choisie comme la photo environnementale de l'année. Le quotidien The Guardian présente quinze des plus belles, ainsi qu'une courte mise en contexte pour chaque photo. Pour aller plus loin: http://www.visiondurable.com/article-n242097-Les-photos-environnementales-de-lannee.html

jeudi 21 août 2008

Comment une équipe de gestion gère un portefeuille collectif ISR ?


La notion de Responsabilité Sociale des Entreprises est liée à l’application aux entreprises du concept de développement durable. Cela signifie qu’une entreprise doit non seulement se soucier de sa rentabilité et de sa croissance, mais aussi de ses impacts environnementaux et sociaux. Elle doit aussi être plus attentive aux préoccupations de toutes les parties prenantes : salariés, actionnaires, clients, fournisseurs, société civile et environnement.
L’analyse extra-financière développée par les agences de notation comme Vigéo, dirigée par N.Notta repose sur trois fondamentaux. Tout d’abord, "l’approche d’évitement" s’appuie sur l’utilisation de critères d’exclusion qui peuvent aussi bien concerner des secteurs d’activité controversés tels que le tabac, l’armement, l’alcool, la pornographie, le nucléaire etc…que des pratiques jugées non responsables telles que le travail des enfants, les tests sur les animaux, l’utilisation de pesticides, etc…Ensuite, "l’approche de performance" s’effectue à partir de la définition de critères de sélection positifs qui a pour ambition d’identifier les sources de surperformances à moyen et long terme des entreprise étudiées. Enfin, l’analyse sociétale dans une "approche risques et opportunités" a pour objectif de fournir aux gérants de fonds d’investissement une vue complète des risques et des opportunités extra-financiers que présentent les entreprises dont ils détiennent des titres. Cette analyse sociétale traduit donc les impacts des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance sur la performance financière de l’entreprise à court, moyen et long terme.
Un gestionnaire d’un fonds actions a donc à sa disposition des centaines de sociétés cotées sur les marchés financiers. Le processus de sélection des fonds ISR repose sur 2 piliers : l’analyse extra-financière et l’analyse financière. D’un côté, les analystes ISR définissent l’univers d’investissement ISR par l’approche « best in class », c’est à dire par sélection des meilleures valeurs dans leur catégorie. De l’autre côté, les analystes financiers sélectionnent des valeurs par combinaison des approches top-down (combinaison secteur/pays) et bottom-up (choix des valeurs dans chaque secteur). Ce process permet aux gérants de prendre des paris mesurés sur les secteurs, les pays et les valeurs au regard de leur indice de référence
Par exemple, cette démarche appliquée au fonds FÉDÉRIS ISR EURO est illustré par le schéma suivant publié sur le site de la société de gestion.

Pics de chaleur : Une fréquence en hausse


Les chercheurs du Royal Netherlands Meteorogical Institute aux Pays-Bas viennent de publier une étude sur le réchauffement climatique. Si la discussion sur la hausse des températures n’est pas nouvelle, les zones de danger n’avaient pas souvent été évoquées.
Selon une étude du Royal Netherlands Meteorological Institute aux Pays-Bas, les hausses extrêmes de températures vont devenir de plus en plus fréquentes. L’équipe de chercheurs estime que certaines régions du globe pourraient connaître des pics de plus de 50°C à la fin du siècle, faisant de quelques territoires des « zones de danger ». L’Australie, l’Inde, le Moyen Orient, l’Afrique du Nord et l’Amérique du Sud sont susceptibles de connaître de telles chaleurs. Et la France ? L’étude, parue dans le dernier numéro des Geophysical Research Letters prévoit pour la même période des pics récurrents à 43,5°C dans le sud du pays. Des résultats inquiétants qui dépassent les prévisions déjà peu réjouissantes du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat).

mercredi 20 août 2008

Vacances à l'étranger


Voyages en avion nécessairement polluants, hordes de touristes débarquant dans des sites vierges, bétonnage des côtes, comportements irrespectueux des cultures locales; le voyage à l'étranger, même chic, n'est pas toujours éthique. Voici un petit guide pour voyager loin en ménageant sa planète.
Les vols bon marché ont raccourci les distances, faisant de la planète un véritable « terrain de jeu », pour reprendre le slogan publicitaire d’un voyagiste. Leurs prix, déconnectés des étendues parcourues, ne tiennent pas compte du coût caché que représentent notamment les émissions de CO2. Et les impacts du tourisme ne se limitent pas aux transports longs courriers et se prolongent une fois sur place : prélèvements d’eau dans le désert, bétonnage des côtes, déchets abandonnés sur les sites etc. En outre, ce marché n’offre pas toujours le levier de développement attendu par les pays du sud et les bouleversements sociaux (travail des enfants, commercialisation de rites culturels…), eux, sont assez répandus. Transports doux, tourisme équitable, éco-volontariat et compensation carbone permettent de voyager autrement. De nombreuses prestations proposent aux voyageurs de réduire leur impact sur la nature, mais aussi de ne plus bronzer idiot et de rencontrer les habitants, afin que le tourisme constitue à la fois une occasion d’ouverture et une manne utile à la population locale. Attention cependant, ces critères ne doivent pas occulter l’objectif indéniable des vacances réussies : une vraie détente. Les Trucs verts présentés ci-dessous doivent donc permettre à chacun de trouver sa destination, en fonction de ses attentes et de son profil. Voyage en train ponctué de nuits chez l’habitant, mission écovolontaire ou vol « compensé carbone » vers un écolodge lointain, le choix est large pour passer des vacances aussi responsables que dépaysantes. Plus sur http://www.mescoursespourlaplanete.com/TrucsVerts/Vacances_aa_l_aetranger_41.html

mardi 19 août 2008

Shell doit revoir sa pub


L’ASA, l’instance britannique de régulation de la publicité, vient de donner raison à WWF dans son bras de fer qui l’opposait à Shell sur une publicité concernant l’exploitation de sable bitumineux.
Shell a été condamnée mercredi par l’ASA (Advertising Standards Authority) pour publicité mensongère. Alertée par WWF (World Wildlife Fund), l’autorité britannique reproche au groupe pétrolier d’avoir vanté au nom du « développement durable » des projets d’exploitation de sable bitumineux et des investissements dans une raffinerie aux Etats-Unis, sans donner « d’éléments qui montrent comment Shell maîtrise concrètement ses émissions de CO2 dans ses projets ». La publicité avait été diffusée le 1er février dernier dans le quotidien d’affaires anglais Financial Times. L’ASA appuie, entre autre, son jugement sur les conclusions d’une étude publiée en 2006 par l’Office national de l’énergie du Canada. Selon l’agence fédérale, l’exploitation des sables bitumineux pourrait avoir des « impacts sociaux et environnementaux considérables, notamment en matière de conservation de l’eau, d’émissions de gaz à effet de serre, de dégradation du paysage et de gestion des déchets. » L’organisme britannique a interdit au groupe pétrolier de faire paraître à nouveau cette publicité.